Mars 2012 : Didier Roy… César de la combativité et de la générosité

16 juillet 2012

Articles GYM

« Didier Roy… César de la combativité et de la générosité… »
Décerné à l’unanimité par le jury d’Alsace !
Didier Roy. Entraîneur de gymnastique au sein du club ALCEA Antony.
Les 9 et 10 décembre 2011 nous sommes allées à sa rencontre. Pour nos lecteurs, je voudrais résumer en quelques mots le parcours de vie de Didier : assistance publique, sport de haut niveau, accident, rééducation… la volonté de s’en sortir, la rage de vivre vissée au corps…. des CV pour un emploi, les portes qui se ferment, un club qui lui ouvre les siennes…
Depuis 22 ans, l’ALCEA Antony compte parmi ces cadres entraîneurs, un tétraplégique, Didier Roy. Et comme s’il manquait encore un ingrédient dans le chaudron maléfique, c’est maintenant une tumeur au cerveau qui vient jouer l’épée de Damoclès.

Il est 14h00 bien passé lorsque nous arrivons dans le gymnase, en retard, car nous arrivons du déjeuner que nous avons pris ensemble et où nous avons poursuivi la discussion initiée le matin dans la salle de réunion du club.
Nous sommes en salle en tant qu’observatrices, libre de poser toutes questions ou de parler aux filles. Nous n’interrompons pas les entraînements mais nous observons et prenons religieusement quelques notes, photos et vidéos pour se rappeler quelques idées à essayer plus tard dans nos gymnases respectifs.

L’entraînement n’est guère différent de ce que nous-mêmes faisons en salle. Explications, apprentissage, répétitions, musculation, renforcements. Didier est confronté aux mêmes difficultés que nous-mêmes : la perplexité des filles qui ne comprennent pas toujours ce qu’on leur demande, des filles qui n’ont pas envie, des filles qui ont mal quelque part…. Le circuit est bien rôdé. Il n’y a pas de dispersion. On sait ce qu’il faut travailler, les ateliers à mettre en place. Et elles sont capables, comme les nôtres, de chercher dans toute la salle pendant 10 minutes un tremplin qu’elles ont sous les yeux. Elles travaillent ensemble, et l’entraide est présente ce qui contribue à créer une dynamique au sein du groupe.
Ce que nous avons vu de remarquable ce jour-là ? La confiance qui règne entre les filles et leur entraîneur. Au cours du déjeuner, Didier nous a confié qu’il allait demander à l’une d’elle de faire une figure qu’elle n’avait encore jamais fait. Bien sûr, élément décomposé, éducatifs réalisés, technique expliquée et maîtrisée…. « On n’a pas le droit de lancer une fille qui n’est pas au point. Mais elle est prête à le faire. Elle ne le sait pas encore mais elle va y arriver. » Il s’agit d’une vrille. Quand Didier lui demande d’y aller, on voit l’incertitude dans ses yeux, la peur est là, elle hésite. Le rôle de Didier est de la rassurer pour qu’elle se lance. Pas de grand discours. « Si je te dis que tu peux y arriver, c’est que tu es prête à le faire ». Un dernier regard entre la gymnaste et Didier conclut cet échange muet. Elle a confiance. Alors elle y va, et ça marche. Nous n’arrivons pas toujours à obtenir ce résultat avec nos propres gymnastes.
« On peut demander à une fille d’aller au-delà d’elle-même, de repousser les limites quand on a fait tout ce qu’il fallait en amont. Cela passe essentiellement par du renforcement musculaire, de la musculation, le travail agonisme/antagonisme, des mini warm up plutôt qu’un échauffement long et pas toujours efficace. Tout ceci est  inspiré des méthodes de travail chinoises. Il est clair que ces méthodes sont très largement critiquées. Mais il faut se remettre dans le contexte. Les exigences techniques sont identiques en France, en Chine ou en Roumanie. En Chine, la réussite en sport est une reconnaissance sociale pour les parents, cela peut procurer un emploi. C’est la méthode « marche ou crève ». En France, on est tout autant exigeant. Nous sommes aussi dans la recherche du haut niveau mais nous essayons de garder une dimension humaine pour que nos gyms se sentent à l’aise dans leur pratique sportive. Au sein de la FGST, les filles pratiquent plus longtemps. Il y a une grande mixité des niveaux dans les compétitions. Les programmes aménagés font que c’est beaucoup plus accessible aux gyms. De toute façon, un entraîneur sait si elles sont à 100 % ou pas ! J’admets qu’elles se plaignent si elles ont une solution ou si elles demandent de l’aide pour trouver une solution. Et de toute façon, c’est la fille qui doit comprendre. Même si la discussion va l’orienter. Souvent, cela passe par une perception du corps. Elle doit ressentir ce qui se passe physiquement. »

Didier nous a éclairé sur sa méthodologie et celle-ci n’est pas figée. « Tous les jours je me trompe. Alors je vais voir ailleurs ce qui se fait. J’apprends ». Et grâce à cette constante remise en question, sa façon d’entraîner a évolué.
Le fil conducteur, l’idée centrale qui revient au fil de nos discussions est la confiance : confiance avec le club, avec les autres entraîneurs, avec les gymnastes, avec les parents. « Pour casser les à priori, il faut se poser les bonnes questions : comment l’enfant me perçoit ? Pour qu’il ait un regard qui aille au-delà du fauteuil, il faut désinhiber la situation. Alors je raconte ce qui m’est arrivé. Elles me posent les questions qu’elles veulent. A partir de là, il n’y a plus de problème par rapport à ma situation de handicap. Elles ne voient plus que l’entraîneur. » (NDLR : on voit en Didier parfois un ami, un confident, parfois un père (dixit l’une des filles)). « En début d’année, nous faisons une réunion avec les parents. Eux aussi ont besoin de savoir à qui ils ont affaire. On évoque aussi quelques points importants tel que l’hygiène alimentaire par exemple. C’est aussi à ce moment là que nous posons le mode de fonctionnement des entraînements ce qui évite toutes polémiques ou discussions en cours d’année. Communiquer est très important. Et de façon réciproque. La communication est à la base de la confiance. Mot primordial en gymnastique. La confiance limite aussi les toxines négatives. Il faut cependant faire attention à ne pas dépasser les limites. Chacun doit rester à sa place, il s’agit de ne pas tomber dans le copinage qui aurait tendance à faire manquer de respect. »

J’ai eu l’occasion de discuter un peu avec les gymnastes et pour la plupart, en résumé, elles se sentent très à l’aise avec Didier. C’est bien l’entraîneur qui est au premier plan. Pour nous également, en fin de journée, Didier avait pris une autre dimension au propre comme au figuré. Le matin à notre arrivée, nous avons été installées dans une salle de réunion et lorsque j’ai vu Didier sortir de l’ascenseur, j’ai été très impressionnée… par tout l’espace qu’il prenait avec son fauteuil. Ce fut pour moi un mélange d’appréhension à l’idée de rencontrer un handicapé et d’excitation à l’idée de faire une fulgurante découverte. La première chose que je remarque et que je note dans mon calepin : « Didier à un sourire généreux ». La discussion a commencé, et le fauteuil est passé au quinzième plan.

Didier n’entraîne pas de petites débutantes qui nécessite parades et manipulations pour leur faire comprendre les mouvements et leur faire ressentir dans leur corps les positions. Par contre, la salle a été aménagée pour qu’il puisse circuler librement avec son fauteuil autour des agrès. L’avantage de ne pas être collé à l’agrès ou à la gymnaste est que l’entraîneur a ainsi un angle de vision plus grand. Et de loin, on perçoit beaucoup mieux et plus vite ce qui ne va pas. L’une des grandes leçons que nous avons mise en pratique dès notre retour : je me suis éloignée de l’agrès et dans ce cas bien précis, et bien je suis contente de voir mieux de loin que de près ! La vision est globale, dimensionnelle. Je vois de suite ce qui cloche. Je me suis éloignée de l’agrès pour que les filles travaillent seules, à partir du moment où elles sont prêtes techniquement. Et là aussi, le résultat est payant : la confiance est passée de « tu me tiens » à « bon, je me lance et on verra bien ». Surtout chez les débutantes, parce qu’elles n’ont pas encore les habitudes protectionnistes que nous avons donné à leurs aînées. Et ça progresse beaucoup plus vite.

Pour être entraîneur à plein temps, il faut un Brevet d’Etat, même si au final la formation est continue. Les débuts de Didier durent laborieux et difficiles : impossibilité de faire les parades, une grande agressivité, un manque de pédagogie, une désertion de la part des gym et des parents (départ d’environ 50 % des effectifs sur 1 an, suivi heureusement de quelques retours).
Rares sont les clubs qui acceptent de tenter l’expérience de travailler avec et faire travailler un tétraplégique. « Le fauteuil fait peur. Ce sont plus de 30 demandes d’emplois que j’ai envoyé aux clubs de Blanc Mesnil. Et comme par hasard, toutes les places avaient trouvé preneur … « Excusez-nous on a oublié de vous le dire !». Je me suis déplacé à l’ALCEA, le club d’Antony, qui a accepté de me laisser faire 1 mois d’essai. J’y suis depuis 21 ans maintenant. Le président du club à l’époque, Mr Lassague m’a fait confiance. Claude Bureau, que vous avez rencontré, est devenu directeur du club il y a une dizaine d’années. Tous ont été remarquables, patient et compréhensif à mon égard. La cohabitation entre moi et le club n’a pas été facile tous les jours. Les conditions de mon accueil (moi et mon fauteuil) ont mis à contribution et à l’épreuve à peu près tout le monde. Aujourd’hui je peux me déplacer de façon relativement autonome. Ce ne fut pas toujours le cas. Je pense que certains n’ont pas toujours été ravis de devoir me porter pour que je puisse accéder au gymnase. Le dévouement dont ont pu faire preuve Claude Bureau et ses collègues démontrent une très grande générosité. Par la suite, nous avons conclu qu’il était préférable et plus productif de ne prendre dans mon groupe que des filles avec déjà 1 ou 2 ans de gym derrière elles. Aujourd’hui, j’ai des filles qui ont de 11 à 31 ans, et plus spécifiquement à partir des benjamines. Nous avons en effet constaté que pour faire de la gym sans passer par des manipulations, il fallait d’abord apprendre les bases, apprendre les mouvements du corps et ceci passe forcément par des apprentissages qui peuvent demander chez les plus petits des aides. De plus, ces dernières années j’ai ajouté une nouvelle perspective à ma formation. Il s’agit du coaching mental. »

Le coaching mental permet d’améliorer ses propres facultés. Il s’agit de mettre en œuvre des ressources exceptionnelles au service de sa propre réussite. Les relations de Didier avec les autres ont été particulièrement chaotiques tel que peuvent en témoigner les personnes qui le connaissent. Et Didier, comme tout un chacun, a fait le bilan de sa vie sociale et a décider de réagir. « Indispensable pour pouvoir garder un relationnel et continuer à évoluer dans un groupe social. » nous a-t-il confié. Le coaching mental permet d’avoir une approche et une vision de soi permettant d’analyser ce qu’il faut faire évoluer. Se fixer des objectifs et des étapes réalistes tout en restant en accord avec sa propre personnalité et en respectant ses aspirations intérieures ; développer certaines compétences pour pouvoir atteindre ces objectifs, mieux utiliser et exploiter ses ressources intérieures pour pouvoir tendre vers une évolution personnelle.
La grande idée est de se débarrasser de ce qui peut être préjudiciables à son évolution. Le plus difficile est d’acquérir de nouveaux comportements, développer sa confiance en soi. Cela passe par une amélioration de la communication, de l’intelligence, de la créativité, du charisme, du leadership ; gérer et contrôler ses angoisses, ses comportements compulsifs. Le coaching permet de développer la perception de l’autre sans pour autant le juger. Et là encore, tout repose sur la confiance. « Cette démarche était personnelle au départ. Maintenant je l’applique également aux gymnastes car en plus d’être éducateur sportif, je suis aussi coach mental vis-à-vis des autres et notamment des athlètes qui en ont le plus besoin. Je les aide à prendre conscience de leur dimension, d’eux-mêmes, indispensable pour évoluer. Cette vision permet de balancer le côté trop exigeant du perfectionniste que je suis. Attention, il faut être exigeant, ceci fait partie du coaching. J’ai moi-même pris beaucoup de recul. Et j’ai appris aussi que de temps en temps il faut détendre l’atmosphère. Cela permet de faire tomber la pression, de dédramatiser la situation de stress ou de peur, ou tout simplement se détendre un peu pour libérer quelques toxines positives. C’est comme « un petit Mars et ça repart » ».

Quand nous évoquons notre rencontre avec Didier, nous ressentons la réticence. La réputation de Didier est plutôt négative, ne nous voilons pas la face. « Caractère épouvantable, colérique, intransigeant, situation compliquée…. ». Pour comprendre, remettons nous dans le contexte. J’ai moi-même lu ses livres et cela m’a laissé une sensation très étrange : la perplexité. J’y ai retrouvé effectivement tous ces adjectifs et plus particulièrement la colère et la violence verbale. « Oui, je l’ai fait un peu exprès. Pour choquer, provoquer une réaction », admet-il. Et à aucun moment je ne retrouve cette hauteur philosophique que l’on pense trouver chez ceux qui subissent les handicaps difficiles. Et d’ailleurs, pourquoi pensons-nous que les gens qui souffrent sont plus philosophiques que les autres ? Nous ne pouvons imaginer ce que l’on ressent lorsque du jour au lendemain, on se retrouve cloué dans un lit puis sur un fauteuil pour être dépendant de son auxiliaire de vie, des infrastructures, de la bonne volonté des gens, de l’incompréhension, de l’appréhension, de la peur… Passer de l’état de grand sportif volontaire à plus rien… Mettre une croix sur ses ambitions, ses projets, ses rêves… Ce n’est pas un programme mais une terrible fatalité. 

Avez-vous déjà fait le test d’aller dîner dans ces restaurants aveugles à la mode ?  Imaginez le handicap au quotidien, jour après jour, les difficultés, le désintérêt, l’isolement. En fin de compte, oui, je comprends la colère et la révolte que Didier exprime quotidiennement. Son entourage a servi d’exutoire. Que lui reste t-il d’autre ? Je ne cherche pas d’excuses, mais une explication. Et là je la trouve.
Pour pouvoir faire son deuil, il parait que l’on passe par plusieurs phases : l’incompréhension, la négation, l’acceptation. Ne plus marcher, ne plus sentir certaines parties de son corps, on ne peut y croire. Des mécanismes de défense se mettent alors en place tels que la colère, l’irritation et celles-ci se projettent dans toutes les directions et sur l’entourage, bien souvent au hasard. Tout est perçu comme injustice.
Didier n’a sans doute pas encore fait tout son deuil. Ce qui explique tout. Et comment exprimer sa douleur et son ressentiment autrement qu’à travers la parole quand le corps refuse de répondre ?

Didier a compris que pour s’épanouir, au lieu de s’étioler seul dans son coin, il devait se remettre en question. Et cette démarche de coaching mental va dans cette direction. Et là je dis bravo. Quand on pense avoir touché le fond, on ne peut que remonter. Et comme le dis si bien Didier « Je ne perds pas l’espoir. Et si demain j’avais la plus infime chance de remarcher, j’y mettrai toute mon énergie pour y parvenir. Tout corps inerte peut être mis en mouvement ». Alors Didier, continue, accroche toi et avance.

Nous sommes conscientes que cette journée a été cataloguée sous un jour heureux et qu’il n’en est certainement pas toujours ainsi. Mais un nouveau regard sur la situation ne peut pas nuire, bien au contraire.

Il y aurait encore tellement de choses à dire. Et je sais que l’on va encore me reprocher ma longue prose. J’ai essayé de condenser au maximum. Mais sans doute aurons nous l’occasion de reparler de Didier Roy pour d’autres sujets. Car nous n’avons pas l’intention d’en rester là. Nos têtes foisonnent de projets que nous espérons bien mener à terme.

Mes camarades d’aventure s’associent à moi pour remercier Claude Bureau et son club pour nous avoir si agréablement accueillies. Un merci spécial à Didier pour sa gentillesse et son sourire.

Je laisse les mots de la fin aux divers protagonistes qui vous livrent ici le souvenir que leur a laissé cette rencontre.

Christine Strau : « Au départ, j’attendais de ce projet beaucoup de réponses au niveau gymnique et au final c’est de la rencontre et du contact avec Didier qu’il me reste le plus. Sur le plan gymnique, je reste un peu sur ma faim. La différence de niveau entre les filles de Didier et les nôtres est trop grande. Nous ne jouons pas dans la même cours. Quelques notions sont restées, mais pas suffisamment à mon goût.Sur le plan humain par contre … une belle leçon de vie. Nous qui nous plaignons toujours dès qu’un grain de sable vient enrayer notre train-train quotidien, je dis STOP !!! Soyons conscients de cette chance d’être libre de nos gestes et autonomes. Le moment le plus fort pour moi ? Le déjeuner à côté de Didier… Je me suis rendu compte concrètement que même pour un geste aussi naturel pour nous que manger ou boire, il est dépendant des autres … j’y repense souvent.Je reste définitivement sous le charme de sa combativité et de la générosité avec laquelle il nous a reçu.Bon, c’est quand qu’on y retourne ????  »

Myriam Strau : « J’ai fait une belle rencontre avec une personne qui a terriblement souffert dans sa vie. J’en retiens également quelques petites astuces d’entraînements qui ont capté mon attention. »

Virginie Gonnord : « A la base, on était parti dans le but « d’apprendre » à entraîner nos gyms sans être constamment à la parade. Bien sûr je me doutais qu’en une 1/2 journée on allait pas révolutionner notre façon de faire. Malgré tout, je pense que cela a quand même servi. J’ai compris qu’il fallait vraiment maîtriser son sujet (ce qui est plutôt difficile vu nos métiers qui ne sont absolument pas en rapport avec le sport) et donc se former, s’informer, se documenter. Je pense que depuis ce stage, je parle beaucoup plus et j’essaye de mieux expliquer les mécanismes permettant de réaliser les différents éléments. Donc d’un point de vu gymnique, le résultat n’est pas totalement satisfaisant. Par contre, la rencontre avec Didier, le fait d’entendre son histoire, de voir à quoi il est confronté au quotidien a été une vraie surprise pour moi. J’ai vraiment réalisé les difficultés qu’il doit affronter et je n’en imaginais pas les trois quarts (même si j’ai vu le film Intouchables). J’ai vraiment pris une claque au moment du repas en découvrant qu’il ne pouvait même pas manger seul. Du coup je m’étais imaginé qu’en salle, les gyms allaient être super sympa avec lui, polies, dévouées, volontaires. Et à nouveau, grand choc en voyant qu’elles étaient exactement comme chez nous, à se trouver des excuses, à traîner la patte, à râler, à se défiler, etc… »

Didier Roy « J’ai accepté cette rencontre dans un premier temps parce que je croyais que vous vouliez voir comment j’entraînais malgré le handicap. Il est vrai que nous n’avons pas eu beaucoup de temps pour vous montrer les différents ateliers et les différentes petites astuces que je peux mettre en place afin d’améliorer la séance et de chercher à optimiser la performance de la gymnaste. De plus, nous étions dans une période précompétitive avec énormément de répétitions de mouvement. Toute la période de préparation physique générale et de préparation physique spécifique avait été déjà faite en amont. De plus, peut être que le fait d’être arrivé en retard n’a pas été propice à une bonne conduite de séance. Toute la PPS, venait d’être faite. J’en suis encore désolé !
Puis dans un second temps, je me suis aperçu que vous aviez besoin de comprendre le handicap et plus particulièrement la personne handicapée qui exerce un métier. La plupart des personnes ne peuvent le croire. Si j’ai essuyé autant de refus, c’est que personne n’est préparé à accepter une personne en situation de handicap. Je trouve cela désolant et j’espère avoir contribué à nous faire accepter. 
On a trop l’image de la norme (malheureusement à mon goût). C’est le réflexe de l’être humain qui est attiré par tout ce qui est beau physiquement,  et met un peu plus de temps à comprendre ce qui beau intérieurement. Je pense que vous l’aviez très bien compris et c’est pour cette raison que vous avez souhaité me rencontrer. Ou peut-être que vous en avez encore un peu plus conscience maintenant ?
En tous les cas, ce fut une très agréable rencontre qui aurait besoin d’être approfondie à mon avis ? (NDLR : Sans aucun doute ! Et nous ne manquerons pas de revenir vers Didier pour d’autres projets). Il est vrai qu’en si peu de temps, on ne peut pas tout faire.
J’espère contribuer à de nouvelles vocations et surtout à faire accepter l’idée que l’on peut tous être  en situation d’handicap à n’importe quel moment de la vie, et que malgré cela rien n’est perdu. Comme je l’ai dit dans mon premier livre : « On a tous une petite flamme en nous, même si celle-ci s’amenuise et que l’on croit qu’elle va s’éteindre, il faut la chercher au plus profond de soi, même si pour cela, il faut ouvrir des milliers de portes dont bien souvent on a perdu les clés. Cherchez-les, afin de raviver cette petite flamme qui ne doit jamais s’éteindre ! »
Pour cela tenter de garder le sourire, même si ce n’est pas toujours facile de faire, car avec un sourire, tout le monde aura une meilleure perception de vous.
En tous les cas merci et encore merci, de me faire comprendre que j’ai une importance pour les autres. Et pour terminer je te dirais qu’il est dommage qu’on ne parle pas assez de gens qui se battent et qui donne le meilleur d’eux même. C’est pour ça que j’ai écrit mes 2 livres.
Quand la vie vous joue un sale tour, montrez-lui que vous pouvez être plus fort qu’elle, en vous fixant un cap que vous allez garder, quel que soit le nombre de virements de bord qu’il y aura à faire tout au long de votre cheminement.
Et un grand merci pour cet  article. »

Aidons Wikipedia à voir clair. Que nous dit-il au sujet du handicap ?
Pour la plupart d’entre nous, « handicapé » est souvent synonyme de gros problèmes. Il est intéressant de voir la progression étymologique du mot « handicapé ». A l’origine, le handicap correspondait à la volonté de donner autant de chances à tous les concurrents en imposant des difficultés supplémentaires aux meilleurs. En hippisme ou au golf par exemple, plus le handicap est fort, meilleur est le concurrent. Ces dernières décennies ont vu se transformer radicalement la vision du handicap en le définissant comme « un désavantage dont est victime un individu pour accomplir un rôle social normal du fait de sa déficience ou de son incapacité ».
Voilà une définition qui m’interpelle : « …un rôle social normal… ».
Qu’est-ce qu’un rôle social normal ? Si vous avez un avis, écrivez-moi : gesualdi.madeleine@neuf.fr

fichier pdf Didier Roy… César de la combativité et de la générosité – 3

UPVRUN |
UPVBB |
blog officiel de Nicolas Lu... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | NBA French Connection
| unsspforest
| roussinette